Percussionnistes des Gassaba
Photo : Halim Dekkiche

Biographie :
L'Est algérien, et particulièrement la zone délimitée par deux grands axes qui vont d'Annaba jusqu'à Souk-Ahras et du bas Constantinois jusqu'aux Aurès, est très profondément marqué par les musiques et chants traditionnels populaires. L'un des plus importants patrimoines musicaux populaires de ces régions est transmis par leurs flûtistes (appelés gassaba) et à travers leurs célèbres noubat.

Patrimoine populaire séculaire, les noubat sont des « pièces » instrumentales jouées par plusieurs flûtistes et percussionnistes (joueur de bendir) en l'honneur des Saints Patrons (wali). La dépouille de ces Saints Patrons se trouve généralement au centre de la zaouia (confrérie religieuse). Ces tombeaux sont reconnaissables par leur architecture spécifique surmontée d'une coupole appelée qûba.

Une autre partie importante de leur patrimoine musical, le répertoire profane, est exécuté dans des grands cafés où se mêlent chanteurs, mélomanes, badauds etc. Ce répertoire profane exécuté dans ces lieux de vie par les flûtistes (gassaba), où l'on chante l'amour tout comme les déboires de l'existence, est l'autre versant identitaire marquant de ces régions où s'exprime une musique d'une richesse inouïe. Un des paramètre essentiel pour l'exécution de ce répertoire est la place centrale qu'occupe le chanteur au sein du groupe, voix qui est le témoin et l'acteur de la richesse poétique de chants passés et présents.

Le caractère si particulier de cette musique et les conditions dans lesquelles elle est exécutée – circoncision, mariage, naissance, cafés – donnent à cette musique une force toute singulière. Ces flûtes-gasba, accompagnées de percussionnistes, se distinguent par leur timbre à la fois tendre et plaintif, et leurs riches variations et envolées mélodiques nous plongent dans l'âme de l'une des musiques et forme d'art les plus belles de cette partie du Maghreb.

Instruments :
Flûtes (Gasba), Percussions (Bendir)

La gasba est une flûte de roseau dont la longueur varie entre trente et soixante-dix centimètres selon les régions. Le musicien porte la flûte à ses lèvres et souffle à l'intérieur du roseau tenu obliquement pour sortir un son. Le nombre de nœuds et de trous de la gasba varie aussi d'une région à l'autre, répondant ainsi à une exigence de genre et de mode musical spécifique.

Le bendir est un tambour sur cadre circulaire pourvu d'une membrane de quarante à soixante centimètres de diamètre et constitué d'une ou deux cordes en boyau qui vibrent du côté interne de la membrane.

Collaborations :
  • Cité de la Musique, Paris
  • Festival "Latitude Maghreb", La Villette
  • Festival "Les Belles Nuits du Ramadan" au Café de la Danse à Paris
Ecouter :
Presse :